Entre silence médiatique et violences encore trop peu documentées, les réalités vécues par les femmes sénégalaises peinent encore à trouver leur place dans l’espace public.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Pour combler ce manque, la plateforme d’information Mousso.sn a officiellement lancé ses activités ce vendredi 6 mars à la Maison de la presse Babacar Touré. À travers cette initiative, ses initiateurs veulent « faire sortir de l’ombre les sujets portant principalement sur les femmes grâce à une information de proximité, utile et accessible ».
Une plateforme pour mieux documenter les réalités des femmes
La plateforme ambitionne de mieux documenter les problématiques liées aux femmes au Sénégal. Elle veut également rendre visibles des réalités que les médias traitent encore très peu.
L’enseignante-chercheure Fatoumata Bernadette Sonko, l’une des fondatrices de Mousso.sn, estime que les femmes apparaissent rarement dans les médias. Et lorsqu’elles y figurent, les journalistes les évoquent surtout dans les faits divers ou dans des portraits de personnalités déjà reconnues.
« On parle rarement de la vie plurielle des femmes au quotidien », a-t-elle souligné. Selon elle, cette invisibilité médiatique reflète en partie l’organisation sociale.
« Nous vivons dans une société bâtie sur des fondements patriarcaux. La place que les femmes occupent dans la société se reflète souvent dans les médias », a-t-elle expliqué. Elle estime que cette configuration maintient les femmes dans une position marginale dans l’espace public.
Violences conjugales : un processus menant parfois au féminicide
La cérémonie de lancement a aussi proposé un panel sur les violences conjugales et leur traitement médiatique. Les intervenants ont présenté ces violences comme l’antichambre des féminicides.
Lors de sa communication, Fatoumata Bernadette Sonko a expliqué les mécanismes qui mènent à ces violences extrêmes.
Selon elle, le féminicide représente la forme la plus extrême des violences faites aux femmes et survient rarement de manière isolée.
« Le féminicide n’est pas accidentel. Il résulte souvent d’un processus marqué par des violences répétées, la peur de dénoncer ou encore une forme d’aveuglement individuel et collectif », a-t-elle expliqué.
La journaliste rappelle qu’en 2025, près d’une vingtaine de femmes ont perdu la vie sous les coups de leur conjoint, selon des cas recensés dans la presse. Ce chiffre pourrait toutefois rester inférieur à la réalité, car certains cas ne sont pas toujours identifiés ou documentés comme des féminicides.
Pour elle, les acteurs de la société doivent analyser davantage les mécanismes des violences conjugales qui conduisent à ces drames.
« Comprendre ces mécanismes permettrait de rompre ce processus et de prévenir les féminicides », a-t-elle plaidé.
Mousso.sn veut renforcer la visibilité des femmes
À travers la plateforme Mousso.sn, les initiateurs veulent renforcer la visibilité des expériences et des parcours des femmes. Ils souhaitent aussi encourager un traitement médiatique plus approfondi des questions de genre au Sénégal.







