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Le président de l’Organisation nationale des Droits de l’homme (ONDH), Samba Thiam, s’est exprimé sur le projet de modification de l’article 319 du Code pénal concernant l’homosexualité au Sénégal, qui vise à préciser la définition des « actes contre nature », à durcir les sanctions et à réprimer l’apologie ainsi que la propagande.

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Attente du texte avant position définitive

Invité du “Grand Jury” de la RFM ce dimanche 22 février 2026, il préfère attendre le contenu exact du texte avant de se prononcer définitivement. Il souligne néanmoins qu’il est favorable au maintien de l’homosexualité dans le champ correctionnel, avec un durcissement des peines, plutôt qu’à sa criminalisation.

« Je crois que rester sur le correctionnel et renforcer la répression nous tente beaucoup plus que de criminaliser immédiatement », soutient-il, rappelant que d’autres criminalisations n’ont pas empêché la persistance des infractions.
« Ce n’est pas une raison pour dire qu’il faille criminaliser à chaque fois. »


Risques d’une criminalisation pure et simple

M. Thiam explique qu’une criminalisation stricte peut entraîner des conséquences qui remettent en cause certains principes en matière de droits de l’homme, précisant que criminaliser peut relever d’un choix politique.

« Qui dit crime, dit instruction obligatoire et, dans ce cas, la détention n’a pas de limite ; il n’y a pas de délai fixé, comme en matière correctionnelle », met-il en garde.


Sur les peines et la peine de mort

Le juriste exclut catégoriquement tout retour à la peine capitale :

« Il ne peut être question de la peine de mort », rappelle-t-il, évoquant les engagements internationaux du Sénégal.

Selon lui, le législateur doit fixer « une fourchette » et laisser au juge le soin d’adapter la peine aux circonstances.


Une réforme globale du Code pénal

Au-delà de l’article 319, Samba Thiam plaide pour une réforme globale et cohérente du Code pénal. Il regrette des modifications effectuées « de manière tendancieuse, par petits moments, par émotion », alors qu’une commission de réforme a déjà produit des travaux approfondis.

S’il se dit favorable à « renforcer la répression », il appelle également à revoir les « pouvoirs très amples qui sont accordés au parquet », notamment en matière de détention. Il soutient l’idée de créer un juge des libertés et de la détention afin d’équilibrer les prérogatives du ministère public.


Sur l’influence des bailleurs

Concernant d’éventuels conditionnements de bailleurs, le professeur agrégé est formel :

« Je n’ai jamais eu un bailleur m’obligeant à défendre telle ou telle situation dans notre pays. Nous n’avons jamais été confrontés à une situation où un bailleur nous dirait : défendez l’homosexualité. Non, il n’y en a pas. »

ALMoudiadidtv

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